WEDO       La coutume de chez nous

La Coutume de chez nous : définition par mots clés et synonymes 
 
        *    les habitudes 
        *    les façons de faire, propres à chez nous 
        *    les devoirs
        *    les obligations 
        *    les droits, et les règles 
        *    les garanties sociales 
        *    l'offrande de l'igname et le taro 
        *    la monnaie kanak : le "ÊÊji", l'argent et le tabac

"YADE' KÂBE" : La coutume du NOM, pour une place & une fonction au sein du clan

Le YADE' KÂBE est la coutume du Nom : Juste à la naissance de l'enfant, une coutume est organisée à son honneur, afin de l'introduire officiellement dans le clan. Le nom, donné par le clan, après accord du chef de clan et de l'ensemble de membres présents, permet à l'enfant de devenir officiellement un membre reconnu de ce clan. Ce nom lui indique dans le même temps sa position et son rôle dans le clan vis à vis des autres.

Par ce Nom, l'enfant rejoint normalement une position existante dans le clan, et se range parmi d'autres plus anciens, afin de perdurer le nom, et le rôle (sa fonction sociale coutumière et vitale), au service des fonctions et devoirs du (grand) Clan.

Ce Nom sera toujours à l'unité (1 seul) dans le clan : Ce même nom ne pourra appartenir à 2 ou plusieurs membres du même clan. Il y aura sacrilège vis à vis des fonctions et rôle de chacun des membres. Les maîtres du nom et des lieux (esprits &  totems du clan ) seront souvent contraints à décider d'un  seul élu au détriment du reste.

Lors des cérémonies, la coutume consiste à présenter 2 gestes :
      le YADE'KÂBE, qui est le geste coutumier de l'enfant, qui deviendra homme, que l'on prend pour membre dans le clan, et 
      le BA'TOELI'ON' YAT, qui est le geste de l'annonce officielle et solennelle du nom

"YADE' MÂÂTEREMONIÔ" : La coutume du MARIAGE, pour créer un Lien  & ouvrir le chemin entre 2 clans

Le mariage kanak ou coutumier, est un acte de mise en relation, au delà du lien entre  l'homme et la femme : En effet, ce geste coutumier lie, de manière solennelle et officielle, et de façon irréversible, la fille et l'ensemble des membres de son clan, au garçon et à tout son clan : Mariage culturel et social entre 2 clans, établissement du Lien inter-Clanique : c'est la naissance d'un nouveau chemin coutumier.

Le clan du garçon devient, de fait, un allié objectif du clan de la femme, et vise versa, par ce nouveau chemin coutumier : pour travailler à diverses tâches coutumières, construire sa maison , préparer un événement coutumier ou également faire la guerre (... du temps des anciens), dorénavant chacun des 2 cotés de ce chemin pourra à sa guise présenter une coutume  de doléances (geste coutumier) de demande d'aide et de participation à divers travaux.

Le Mariage Coutumier est d'abord une obligation coutumière pour le garçon afin de légitimer l'ensemble de ses intérêts à avoir la FEMME (la procréatrice, l'éducatrice, la nourricière, la compagne, la conseillère aux affaires féminines, ...), mais aussi et surtout légitimer la présence de cette nouvelle femme dans son clan, et lui valider tout un ensemble de comportements, gestes et paroles de la femme dans sa nouvelle tribu : bref, lui donner la place et le respect qu'elle doit mériter, au regard de son rôle.

La Femme est toujours un "Don du ciel" pour le clan : elle donne de la valeur à leur fils, et lui procure sa descendance et celui du clan. Elle devient à son tour 1 nouvelle maman dans le clan, titre qu'elle détiendra jusqu'à sa mort, vis à vis de son clan d'accueil, dans la relation coutumière avec son clan d'origine : les gestes de coutume de ses enfants (naissance, vie, mort), présentés à chaque fois aux oncles utérins, seront l'expression matérielle et symbolique de celle relation, instituer grâce à la nouvelle maman lors de la coutume du mariage, le "YADE' MÂÂTEREMÔNIÔ"

MÂÂXIM : La coutume du DEUIL, ou la fin d'un actif dans sa fonction social

La coutume du DEUIL, est le geste coutumier qui s'établit en rapport au décès d'un membre du clan (homme ou femme) : Le clan du membre décédé, maître pour l'occasion des cérémonies, donne 1 coutume, le "JAAWE" (1 tabac) au clan des oncles utérins (clan des Tontons, de la maman) pour signaler l'événement. Les clans alliés très proches seront également informés par 1 geste (Bajaar) pour aider à l'organisation des cérémonies.
L'ensemble des clans alliés s'achemine tous dans la tribu du décès et présente chacun à leur tour 1 geste coutumier d'aide et de participation leur AYAGE, avant l'arrivé des Tontons (le clan WANIRI dans cette événement qui le lie au défunt). Pour la cérémonie coutumière de deuil, le clan "Maître des cérémonies"  KAVUNPALIIC ou KAVUREPALIIC  avec ses alliées, prépare et présente le MÂÂXIM, coutume du défunt, au clan de la Mère et des ONCLES maternels du défunt, le clan WANIRI.

Dans la symbolique, cette coutume est le geste de signalement de la mort, la disparition : l'arrêt d'activité chez les vivants, et la préparation pour le départ dans le monde des esprits : On confie le corps (les cheveux, le sang, les mains, les pieds, la tête, ...) à ses oncles maternels, propriétaires culturels de la dépouille.
Seuls ces derniers devront l'enterrer en rapport aux droits exclusif d'accès à la dépouille mortel (bien matériel et corporel obtenu de la mère, symbolisé par le sang dans les veines d'un individu kanak)

En accompagnement du geste du MÂÂXIM, des petites coutumes sont opérées pour lever les interdits : BA-WELI'GU (donne droit au clan du défunt à entretenir sa tombe), BA-MWEJU (donne droit à travailler dans le laps de temps séparant la date de décès et du lever de deuil.  , et le BA-PU'MWÂ (donne droit à faire ou refaire une case, ou une maison quelconque)

Le lever de deuil (BA-PANUÂ'KEER), lié également au MÂÂXIM deuil du défunt, est 1 autre événement (à 1 an) ou on se retrouve pour  décréter la fin du deuil. Le clan remet les affaires du défunt (symbolisées par 1 valise avec son dernier linge, ses outils de travail, et autres ...) aux Tontons. : le délai est donc de 1 an, en pays MWÂLEBENG. C'est l'événement qui acte la fin de son existence du monde des vivants, et du départ vers le monde invisible des esprits et des anciens.
Le nom kanak (yat), le rôle social (pep), et la place occupée (mân coor) par cet actif seront de nouveau disponible pour le  clan et et ses membres (anciens ou nouveaux nés).

A méditer !

La Coutume pour  Forcer le Respect  et  l'Entente entre les hommes :  une Société  en paix  et  en confiance    pour accueillir de nouveau  ... l'inconnu surgissant du néant connu,  comme d'antan ...


Copyright © 20O7. Tous droits réservés. Site créé en 2007...  actualisé le mercredi 3 février 2016Contactez l'auteur à cette adresse :
tsamuelb@gmail.com